Le Concerto n°2 pour clarinette de Weber, par 3 clarinettistes


Le Concerto n°2 en mi bémol, op. 74

C'est à la suite de sa rencontre avec le clarinettiste Heinrich Baërman avec qui il s'est lié d'amitié, que Carl Maria Von Weber écrivit ses deux concertos pour clarinette. Ils ne furent publiés qu'en 1822, quand Weber fût reconnu mondialement à la suite de la parution du Freischutz. Le concerto n°2 est le plus développé des deux, et atteint des sommets de virtuosité, ce qui en fait la hantise de nombreux clarinettistes. Le dernier mouvement particulièrement, représente un réel morceau de bravoure. Le mouvement lent quant à lui est très dramatique, et on regrettera que très (trop) rares sont les clarinettistes qui exécutent la magnifique cadence écrite par C. Rose.


Walter Boeykens

Walter BoeykensLe Néerlandais Walter Boeykens est surtout connu dans la musique de chambre, puisqu'il a créé l'ensemble Walter Boeykens, avec qui il a obtenu, il y a dix ans de cela, un contrat avec Harmonia Mundi pour enregistrer le plus grand nombre de pièces de musique de chambre avec clarinette jamais enregistré, pour une période de 15 ans. Il n'en reste pas moins qu'il est l'un des meilleurs interprètes des concertos de Weber ! Une vitesse vertigineuse, une clarté du son inégalée, et aucun accroc ni aucune faiblesse dans les traits les plus difficile ! Pour moi c'est la référence dans les concertos de Weber (son interprétation du premier concerto est une merveille). Les arpèges de la fin de l'allegro sont impressionnantes, le mouvement lent est d'une beauté à couper le soufle, et il avale le troisième mouvement avec une facilité hors du commun... A avoir absolument !

Concertos n°1 et 2, Concertino (James Conlon, Rotterdam Philharmonic Orchestra) (Site d'Amazon)


Sharon Kam

Sharon KamSharon Kam s'illustre surtout dans le jazz, mais n'est pas en reste dans la musique classique. Avec Sabine Meyer, c'est la meilleure clarinettiste féminine que je connaisse. Niveau puissance, elle écrase toute la concurrence, on dirait qu'elle a un moteur dans le ventre, et qu'elle ne reprend jamais son soufle ! Rien ne lui fait peur, les notes lui coulent sous les doigts, et son interprétation du premier mouvement du concerto n°2 est de loin le meilleur de tous. La Romance (mouvement lent, Andante) est également très chantée, et on la sent à l'aise. En revanche la polonaise (dernier mouvement, alla polacca) est plutôt décevante : elle est bien en dessous du tempo adopté par la majorité des clarinettistes et il en découle une exécution plutôt fade, et finalement pas très impressionnante (alors qu'il s'agit d'un morceau de bravoure, je vous le rappelle). Mais il n'empêche que c'est un enregistrement de qualité à avoir.

Concertos n°1 et 2 (Kurt Masur, Gewandhausorchester Leipzig), Grand Duo Concertant (Itamar Golan) (Site d'Amazon)


Paul Meyer

Paul MeyerLe Français Paul Meyer est fidèle à sa réputation (il joue avec de grandes formations telles que l'Orchestre National de France, le BBC Philharmonic Orchestra, l'Orchestre Symphonique de Berlin et j'en passe...). Virtuose du détaché (on dirait une vraie mitraillette), son interprétation du concerto n°2 est remarquable. Il ne faiblit pas une seconde, écoutez l'allegro, Paul Meyer en sort transcendé. C'est beau, ça coule sans le moindre accroc, le son est superbe, et la justesse (notamment dans le suraigu, registre le plus difficile de la clarinette) est plus qu'au rendez-vous ! Mais comment fait-il ? La Romance est d'une langueur rare, on se surprend même à frissonner... La Polonaise est exécutée avec beaucoup de brio (même si je lui préfère l'exécution de Boeykens), toujours avec un détaché presqu'iréel et une vitesse incroyable dans les trilles notamment. Bref encore un enregistrement d'une qualité exceptionnelle !

Concertos n°1 et 2, Concertino (Gunther Herbig, Royal Philharmonic Orchestra) (Site d'Amazon)


Playlist : Extraits du dernier mouvement (Polonaise - Alla Polacca) du Deuxième Concerto pour Clarinette de Carl Maria Von Weber


Commentaires [10]